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Michelle Obama, une femme en Devenir

À l’heure où ces quelques lignes sont rédigées, plusieurs d’entre vous ont déjà lu Becoming (ou Devenir, pour les francophones), le fameux best-seller de Michelle Obama. Sorti en novembre dernier, il est rapidement devenu le livre le plus vendu de l’année 2018. Plusieurs l’ont littéralement dévoré. Certaines l’ont commencé sans le terminer et d’autres l’ont acheté y voyant « le bouquin » idéal pour reprendre les bonnes habitudes oubliées (un livre par mois c’est pas si mal non ?) ou les bonnes résolutions, car vous vous êtes enfin décidées : en 2019, vous devenez des femmes qui lisent, ou encore mieux, des femmes qui lisent plus. Quelque soit votre situation, vous apprécierez de vous (re)plonger avec nous dans les mémoires de Michelle Obama, #TheforeverFLOTUS.

Souvent, en observant une personne que l’on admire et en passant nous-mêmes par des épreuves plus ou moins difficiles, il nous arrive de nous interroger sur sa vie: “A-t-elle déjà pensé qu’elle n’y arriverait pas ? Sait-elle ce que ça fait d’être deux et de ressentir quand même le poids de la solitude ?” En observant leur réussite, on peut imaginer que ces personnes avaient vraiment comme ambition d’arriver « là » où elles sont aujourd’hui. Parfois, ce que nous voyons est réellement l’accomplissement d’une vision. Souvent, très souvent, il n’en est rien. Il s’agit simplement d’une succession de décisions qui les ont conduites à percuter leur destinée de plein fouet.

Michelle Obama représente pour beaucoup de femmes “la femme parfaite”. The Role Model. Celle qui a su trouver sa place au côté d’un homme de pouvoir. Celle qui inspire. Celle qui connaît son identité. Une femme intelligente. Une femme sage. Une femme d’influence ou plutôt l’incarnation du leadership féminin. Serait-il exagéré de voir en elle la « femme vertueuse », une incarnation moderne de la légendaire femme du Proverbe 31 ? Elle représente ce type de femme à qui l’on pense en se disant « quand je serai grande, je voudrais être comme Michelle Obama ». Pourtant, en plongeant dans la vie de Michelle, nous ne voyons pas simplement une femme devenir première dame d’une nation (et quelle nation !,) nous voyons une femme devenir femme, parce qu’on n’en naît pas une, on le devient, c’est bien connu. Mais surtout, on voit une femme devenir une aide.

 

L’urgence de travailler

Nous ne le savons que trop bien, « Dieu a créé toute chose pour un but ». Tout sur Terre a été conçu pour faire quelque chose de précis — un oiseau vole, un poisson nage, un manguier produit des mangues, et notre bonheur est enfoui dans ce but, ce «travail».

« Dans ma volonté aveugle de me surpasser, dans mon besoin de faire les choses à la perfection, je n’avais pas su voir les signaux et je m’étais engagée dans une mauvaise voie. » (Devenir, p. 163)

La mauvaise voie qu’évoque Michelle ici, c’est sa prestigieuse carrière d’avocate dans un cabinet d’avocat encore plus prestigieux. Du haut de ses 25 ans à l’époque, elle ne voit aucune raison de se remettre en question. Jusque-là, elle suivait une liste de choses à accomplir, se fixant des objectifs à atteindre, relevant défi après défi. Son parcours académique s’est ponctué à chaque étape — de la maternelle au lycée à Chicago, aux très élitistes universités de Princeton et Harvard, par une belle case cochée. Issue d’une famille modeste, tout ce qu’elle est aujourd’hui, elle le doit à l’éducation. Elle le reconnaît et n’hésite pas à le crier haut et fort: « l’éducation avait été le premier ressort qui avait changé le cours de mon destin, mon levier pour m’élever dans le monde ». Ses deux mandats de première dame ont d’ailleurs été un tremplin pour promouvoir l’éducation des filles dans le monde. Pourtant, ce parcours sans faute est décrit comme une mauvaise voie, aussi déterminée et sérieuse qu’ait pu être Michelle Obama. Car toute chose ayant été créée pour un but, il arrive un temps où tout nous rappelle que nous ne sommes pas là où devrions être. Le vide, la frustration, cette sorte d’urgence que l’on ressent à l’intérieur de soi nous rappelle chaque jour que nous avons plus à offrir au monde. Si vous ressentez cela aujourd’hui, il y a une bonne nouvelle : Michelle aussi est passée par là. Cet épisode de sa vie vient nous rappeler qu’Il est tout à fait possible d’emprunter le mauvais chemin et de s’en sortir quand même car à la fin, toute chose concourt à notre bien.

 

L’inexorable prix à payer d’une aide

Il y a des rencontres qui nous font du bien et il y a des rencontres qui transforment notre existence. Elles sont « une ligne de faille profonde et invisible de notre vie » qui se met à frémir. Si avant Barack Obama, nous découvrons une jeune Michelle qui se cherche littéralement, la rencontre d’avec lui va lui imposer de se trouver. « Il était comme un vent qui menaçait de tout faire basculer. », dit-elle. Et face à ce type de vent, la seule option est de tenir ferme.

« J’étais profondément, délicieusement amoureuse d’un type dont l’intelligence supérieure et l’ambition risquaient de finir par dévorer les miennes. Je le voyais déjà venir, telle une déferlante accompagnée d’un puissant contre-courant. » (Devenir, p. 163)

becoming michelle obama le carnet de lily
© Photo: Penguin Random House Canada

Pour cela, elle prend enfin le temps de s’interroger sur ses passions et de cerner ses priorités. Petit à petit, elle accepte que l’inconnu ne tue pas et se lance dans la découverte d’elle-même. Cette phase passe d’ailleurs par l’abandon d’une carrière dans le privé à un voyage d’exploration dans l’administration publique, qui rime avec une réduction conséquente de son salaire. Avec le soutien d’un Barack Obama plus qu’avenant, Michelle commence à se trouver. Puis vient le mariage. En parcourant les souvenirs intimes et passionnants à souhait de Michelle Obama, nous voyons autre chose : l’inexorable prix à payer d’une aide. Nous voyons le poids des compromis, des sacrifices à peine voilés, au nom du NOUS.

« Et je voulais tout. […] Je voulais vivre avec l’entrain, l’optimisme, l’indépendance d’une femme qui ne songe qu’à sa carrière […] et, en même temps, j’étais attirée par la normalité rassurante d’une existence – promise au sacrifice de soi et apparemment insipide, d’épouse et de mère. Je voulais conjuguer vie professionnelle et vie familiale, tout en étant assurée qu’aucune des deux n’écraserait l’autre. J’avais envie à la fois d’être exactement comme ma propre mère et de ne pas du tout être comme elle. Cela éveillait en moi des réflexions étranges et déconcertantes. Est-ce que je pouvais tout avoir ? Est-ce que j’aurais tout ? Je n’en savais rien. » (Devenir, p. 210)

Ce questionnement est celui de la femme moderne. Dans une société de plus en plus féministe où l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes est largement promue, s’interroger sur l’éventualité d’avoir le meilleur des deux mondes peut paraître aberrant pour certaines. N’est-ce pas là le secret du bonheur de la femme d’aujourd’hui ? Nous ne le dirons jamais assez: « Dieu a fait toute chose pour un but » (Proverbes 16:4). Or si la femme peut prétendre à des études de haut niveau, à une carrière impressionnante ; si la femme peut faire toujours plus, son but premier, celui qui renferme son bonheur, est d’aider. Au commencement, Dieu ne crée pas une entrepreneure, il ne crée pas une carriériste ; il ne crée pas non plus une femme au foyer. Dieu crée une aide pour un homme. Lorsque Michelle se pose ces questions sur son rôle de femme, elle ne sait pas encore que parce qu’elle a dit oui à cet homme, elle devra renoncer à une partie d’elle. Elle devra renoncer à une vie de famille où son époux serait à la maison chaque soir pour le dîner — bien avant Washington, Barack a siégé au Sénat local à Springfield, ce qui impliquait qu’il serait absent quatre jours par semaine. Elle ne le savait pas encore mais elle aurait besoin d’un « coup de pouce » pour concevoir que son mari ne serait pas là pour les injections quotidiennes d’hormones. « […] nous n’étions pas égaux dans ce combat et, pour une femme convaincue de l’importance de l’égalité des sexes, cette réalité peut être vaguement déroutante ». Elle ne savait pas encore que ce serait à elle de bouleverser son univers pour la cause commune (deux adorables petites filles) mais aussi pour que son optimiste et visionnaire de mari — celui-là même qui pense qu’on peut vivre dans le monde tel qu’il est, mais que cela n’empêche pas de tout faire pour créer le monde tel qu’il devrait être, puisse façonner et concrétiser ses rêves. Ce qu’elle ignorait par dessous tout, c’est que ce renoncement à soi serait la clé de son épanouissement (mais sans doute la nôtre aussi) la clé pour Devenir. Devenir une femme. Devenir une épouse. Devenir une mère. Devenir une femme de pouvoir ou une femme d’influence :

« Devenir ne signifie pas atteindre une destination ou un objectif donné. Je vois plutôt cela comme un mouvement qui porte vers l’avant, un moyen d’évoluer, une façon d’aspirer en permanence à s’améliorer. […] C’est un parcours qui se fait pas à pas. Devenir exige autant de patience que de rigueur. Devenir, c’est ne jamais renoncer à l’idée que l’on peut encore grandir. » (Devenir, p. 483)

 

Alors, êtes-vous prêtes, vous aussi, à devenir en 2019? Envoyez-nous vos impressions par courriel à redac@carnetdelily.com!

 

Christabel B.

 

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1 Commentaire

  1. Oli
    2 semaines ago

    Très belle analyse ! Merci

    Répondre

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